Oh, purée

3 Nov

Hier, j’ai fait une fausse couche. Après deux mois d’anxiété pour une histoire trop courte qui avait de toute façon mal commencée, tout est parti ce lundi, en une minute mes derniers espoirs ont fuit. Je suis triste, je suis déçue, je suis révoltée de voir qu’à un âge ou le monde qui m’entoure fait des bébés, je suis celle qui remplit la statistique de celles pour lesquelles ça n’a pas marché. Consolation de mes proches au téléphone : ça arrive à beaucoup de femmes, tu sais. Je ne sais pas ce que signifie beaucoup, ma sœur a eu 4 enfants sans avoir à subir ce genre d’épreuve, mes amies en sont à leur deuxième enfant et aucune ne m’a fait part des complications que je viens d’endurer. Le mot n’est pas trop fort au vu des contractions de ces deux derniers jours.

Mon facebook est plein d’annonces de bonnes nouvelles, d’annonces officielles et de familles qui s’agrandissent. J’y trouve des photos de familles heureuses et fatiguées dans une chambre d’hôpital, de photos suggérées pour étaler son bonheur au monde entier, une petite main, un petit bracelet, une inscription au bout du lit avec un nom, un prénom, voire une date de naissance. Vous savez, un peu comme pour dire que « surtout, je protège mon bébé, vous devez donc me croire sans voir, car de lui rien ne sera posté et puis après tout, on est plus vraiment amis pour de vrai, donc vous savez maintenant qu’il existe, mais vous ne le verrez jamais ».

Je trouve des photos de babyshower, de gros ventres, de cadeaux autour d’une tasse de thé. Mais c’est quoi en fait, une baby shower? Qu’est-ce qu’on a fait pour recevoir des cadeaux à part avoir eu de la chance et être en bonne santé? C’est vrai quoi, je me suis tordue de douleur toute la journée et à priori personne n’a songé à m’envoyer de quoi me consoler. Une de mes amies va devoir s’engager dans un processus de PMA, elle doit affronter toute la journée des questions indiscrètes sur sa future maternité. Ce n’est pas méchant, bien entendu, ça ne part pas d’une mauvaise intention, mais oui, ça peut quand même blesser. Alors zut, je me demande si on ne devrait pas aussi organiser des fêtes et offrir des cadeaux à celles qui doivent recommencer à zéro, attendre, patienter, positiver, surtout ne pas stresser « car plus tu espères avoir un enfant, plus tu vas te bloquer, moins cela va marcher ». Alors zut, fêtons la future PMA, le stress à venir, le record de la troisième fausse couche d’affilée, la grossesse arrêtée. C’est horrible à dire, je sais, ça arrive à tellement de femmes, je sais, mais c’est tellement mieux quand ça arrive aux autre et que l’on est pas concernée.

Donc sourire de circonstance, un peu crispé, la vie continue, j’ai toujours voulu faire du yoga, je vais apprendre le japonais, c’est formidable d’avoir du temps pour soi, en fait. En fait, oui mais ce n’était pas du tout mes projets. En fait, j’avais envie de choisir un prénom, j’avais envie de pouponner, j’avais envie que ça sente le bébé, j’avais envie d’aménager un coin dans la salle de bain, une chambre dans la chambre, j’avais envie de trouver mon appartement trop petit, j’avais envie de déménager, j’avais envie de me poser, j’avais envie de ne plus sortir, j’avais envie de ne plus dormir.

Bien sûr, rien n’est grave, j’ai encore quelques années devant mois, même si avoir 4 enfants s’avère désormais être un peu plus compliqué. Mais l’idée de vivre une période d’attente mêlée d’impatience, de plaisirs au lit toujours suivis d’une arrière pensée – ah tiens, ça pourrait marcher, là – et bien cette idée, tout simplement, juste maintenant, elle me fait chier. Elle me donne la nausée, moi qui pendant ces deux seuls et uniques mois de grossesse en avais été épargnée.  Je ne veux plus compter les jours, je ne veux plus compter les semaines, pour calculer l’ovulation, pour calculer la date de la conception, la date des trois mois, véritable concrétisation médicale et sociale de notre future maternité. Il va me falloir trouver de la patience, une passion, une occupation, un engagement qui font passer le temps. Rien n’est encore décidé.De toute façon, c’est la vie qui décide. J’espère juste que cette décision que je ne peux pas prendre correspondra à un projet auquel je m’interdit de penser.

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Opéra

4 Fév

Je donne depuis quelque temps des cours de conversation à un élève de l’orchestre de la Philarmonie à Berlin. J’ai déjà lu plusieurs écrivains que j’avais pu côtoyer de manière plus ou moins privée, sans être proche pour autant. Ce n’est pas grand chose, mais c’est juste assez pour reprendre ce que dis Delphine de Vigan dans son livre « Rien ne s’oppose à la Nuit », également. Il ne faut pas être fou pour être artiste. Bien au contraire. Etre fou, être dans la lune nuit clairement à l’oeuvre qui s’accomplit. J’ai l’impression que l’art est souvent le produit d’un travail de longue haleine et à contre courant. C’est à l’artiste de trouver ses repaires, géographiques, matériels et temporels. C’est à lui d’accepter de travailler seul, de se consacrer à son oeuvre, de parcourir son monde, de se connecter de la réalité pour pouvoir on ne peut mieux l’incarner. Vaste travail, en fait.

Ca ne doit pas être drôle tous les jours d’être artiste. De travailler pour être le meilleur, pour sortir du lot, pour être l’élu parmi de si nombreux appelés. Le violoniste que je côtoie depuis quelques semaines, voire quelques mois, est la personne à la fois la plus passionnante, mais aussi la plus austère et la plus conservatrice que j’ai pu rencontrée. La musique n’est qu’un art en haut duquel il s’est hissé à la force du poignet. Son monde parallèle se divise désormais entre ceux qui travaillent et ceux qui ne font rien, parce qu’au fond ils ne veulent pas travailler. Depuis Beethoven, rien de grand ne s’est fait en musique, et les véritables mélomanes sont condamnés à écouter et réécouter les oeuvre de compositeurs qui sont depuis longtemps tous décédés. La vie est triste, le monde est pessimiste.

Dieu merci, je ne suis pas amoureuse d’un violoniste. Je ne suis pas amoureuse d’un musicien, je ne suis pas amoureuse d’un artiste. J’aurais trop peur d’être contrainte à sa rigueur où à l’opposé, d’envahir son monde intérieur. J’aurais trop peur de ne pouvoir le suivre, peur à l’opposé de me retrouver dans chaque pensée qu’il aurait exprimée. Donc non. Je me réjouis de ne pas être une muse, je me réjouis de pouvoir m’amuser, d’avoir une relation que je peux comprendre, que je peux facilement identifier. Ce qui nous empêche pas pour autant de remettre les pendules à l’heure régulièrement, ce qui ne nous empêche pas de buter sur des obstacles parfois difficiles à contourner. Mais j’ai l’impression d’avoir trouvé la bonne orientation, d’avoir compris là où j’avais mis les pieds. L’avenir est certes toujours incertain, mais j’arrive à trouver ma part de fantaisie et de sécurité.

J’admire les artistes, pour le long travail qu’ils sont obligés de produire, lentement, sûrement, pour avoir suffisamment confiance dans les oeuvres qu’ils créent, et pour pouvoir les achever. Car venir à bout d’un projet et bien souvent un exploit en soi, au delà de tous les artistes auto-proclamés.

Le mieux est de regarder cette infographie, qui reprend très bien tout ce qui a été dit ci-dessus.

Schnitzel à la mode de chez moi

4 Fév

Suite de la thérapie. Il faut de nombreuses lignes pour comprendre Berlin et l’univers dans lequel je me suis plongée depuis déjà plusieurs mois, voire plusieurs années. J’avais le choix ce soir entre une soirée avec de nombreux allemands, lire un des nombreux livres allemands qui prennent sagement la poussière tout en haut de mon étagère, ou écrire ces mots sans savoir encore s’il est réellement possible de les lire. En fait j’ai envie d’expliquer, pour commencer, pourquoi Berlin me déplaît. Je veux aussi écrire afin de ne perdre complètement mon français.

Car se forcer à tendre vers le bilinguisme alors que rien, chez nous, ne nous laissait en prédisposer, est une vaste tâche. Au fûr et à mesure qu’on se rapproche d’une langue, on s’éloigne de l’autre. Notre esprit compartimenté prend du temps à faire du tri, à trouver de la place pour stocker les nouvelles données sans en jeter les anciennes. Prétendre dans ce cas apprendre une nouvelle langue est un défi qui met du temps à être relevé. La route est longue et difficile, entravée de nombreux obstacles. Apprendre une langue, évoluer dans un nouvel environnement tout en prenant garde à ne rien oublier de l’ancien. Survivre en se perdant entre deux chemins. Je suis trop vive pour les étrangers, trop lente pour les indigènes ? Non, pas indigènes, il y a un autre mot, il est sur le bout de ma langue, ma langue qui commence à plier sous le poids des mots qui attendent d’être libérés de l’oubli. Les indigènes, les habitants, les résidents ? Les locaux ? Non, les contemporains ? Unité de lieu, unité de temps, ceux qui se trouvent ici et maintenant, hic et nunc à mes côtés, ces français qui parlent allemands, ces allemands qui parlent français, ces allemands qui parlent allemands et tous les autres, tous ceux qui sont ici, pour lequel Berlin est un lieu de résidence plus ou moins déterminé.

C’est bien tout l’enjeu de Berlin. Survivre à la ville, à la jungle internationale qui prends peu à peu le pas sur les grandes avenues prussiennes ou staliniennes, rectilignes dans tous les cas. Se dire qu’on reste en Allemagne à l’heure ou les français sont la deuxième population étrangère de la ville, et ou, le cas échéant, le français est l’une des langues favorites des allemands. Bienvenu dans le nouveau colonialisme, celui qui consiste à coocuper des territoires pour y implanter sa fierté nationale, sa baguette, son fromage, sa langue, son cinéma. Tout y est, tout y existe déjà, ces lieux français beaucoup plus français que ceux que l’on trouve en France même. Le nombre de crèperies et de fromageries surpasse en effet totalement celui des boulangeries et des bar-tabacs. Entendre parler français dans la rue me désespère. Parce que entendre parler français à Berlin, c’est se dire qu’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus pour résider dans une ville bohême fantôme, une ville superficielle qui menace de s’étouffer sous le trop de paraître. Soyons honnêtes, Berlin m’angoisse. Berlin me fait peur. Peur de ne pas comprendre à quoi ressemblera la ville dans 10 ans, quand trouver un logement et coopérer ne serait-ce qu’avec un client dans un emploi free-lance relèvera de l’exploit. Et moi, dans tout ça ?

Donc je n’aime pas Berlin, le paradis des angoisses refoulées derrières des apparences surlookées. Je n’aime pas Berlin, cette hypocrisie de ville soit disant branchée dont tous les habitants sont aux trois quart de vrais paumés. Rester à Berlin quelques années, peut être, mais y penser à l’échelle d’une vie entière me fait tourner la tête. Comme tout individu issu de la génération Y, j’aime me définir à contre-courant. M’encanailler et danser sur les tables, en plein cœur d’Ankara, la Turquie conservatrice de l’époque. J’y ai laissé quelques plumes. M’embourgeoiser dans la ville ou tout est permis, chercher des règles dans le temple de l’anarchie. J’y ai laissé de l’énergie. Alors maintenant, place au compromis.

Car si, ou delà d’être superficielle, Berlin était tout simplement la ville ou il était possible d’être soi-même ? C’est à dire quelqu’un qui aime boire de l’alcool à partir de 18h mais qui n’a jamais pris de drogue, qui préfère les soirées films en amoureux aux sorties jusqu’au bout de la nuit, qui aimerait travailler plus pour gagner plus tout en sachant quel emploi elle ne pourrait plus occuper. Finalement, c’est l’expérience, c’est l’âge qui parle. Berlin a cela de bien que c’est une ville qui fait fit des préjugés. Pour elle, pour les autres, pour ceux qui y habitent, pour tous ceux qui la visitent. Je remarque qu’à la fin je tente toujours le petit paragraphe positif, à vous d’en penser ce que vous voulez.

J’ai perdu l’appétit

8 Jan

Même à Berlin, même si je suis assez loin, depuis hier je suis abasourdie et j’en ai perdu l’appétit. Tout a déjà été dit sur l’attentat de Charlie Hebdo. Je n’ai pas envie de faire des discours sur la liberté et la démocratie.

A titre personnel, j’ai toujours été une grande fan de Bernard Marris, qui, tout comme Thomas Piketty a réussi à démocratiser l’économie, même si je suis pas toujours d’accord avec leurs idées.

Le dernier livre de Bernard Marris est une série d’entretiens avec Michel Houellebecq, afin de revoir les théories économiques qui ont pu être abordées dans son AVANT-dernier livre, la carte et le territoire.

http://editions.flammarion.com/albums_detail.cfm?id=46496

C’est sûrement le livre a lire, bien plus que Soumission du Houellebecq en question, qui est publié depuis hier, que je viens gentiment de récupérer sur Internet et dont je vais terminer la lecture d’ici ce soir. Michel, merci pour ce moment, je suis contente de t’avoir lue sans avoir cotisé pour autant.

Actualisation: j’ai pratiquement fini le livre de Houellebecq pour vous confirmer que, si vous avez écouté en boucle les radios françaises au début de la semaine,  vous connaissez déjà toute l’histoire.

Houellebecq Marris amis, je n’en sais rien, mais Houellebecq a malgré arrêté sa promotion et déserté Paris pour aller voir la neige, ce qui est plutôt une bonne chose dans ce contexte.

 

 

Schnitzel à la mode de chez nous

8 Jan

Voici en quelques mots la situation. Nous pouvons désormais nous poser plusieurs questions incroyablement importantes pour l’avenir de la France et de l’Union européenne toute entière.

1 – Pourquoi y-a-t-il de plus en plus de français à Berlin

2 – Pourquoi une fois arrivés et ayant compris qu’il aurait mieux fallu aller à Dubai pour réaliser l’opération financière du siècle et à Bucarest pour se la jouer vraiment Bohème cool, ils restent quand même

3 – Pourquoi malgré tous ces gens qui arrivent on se sent toujours autant seul à Berlin

4 – Et pourquoi, mais oui pourquoi les gens qui habitent Berlin écrivent-ils autant de poèmes sur Berlin. Franchement, si j’avais été fonctionnaire à Clermont Ferrant, aurais-je sérieusement posté autant de photos sur la ville et tout et tout? Il parait qu’au passage, Clermont Ferrant c’est très chouette, il y a même le festival international de courts métrages. J’avoue malgré tout que, quand mon amoureux m’a laissé le choix pour mon anniversaire entre le concert d’Archive à Vienne et le festival de courts métrages à Clermont Ferrant, j’ai choisi Vienne. Mais lui aurait préféré que je prenne la seconde option je crois, c’est dire si le rayonnement international de Clermont Ferrant a du potentiel.

Berlin est par définition la capitale de l’Allemagne, la capitale du pays le plus riche et prospère de l’Europe. Forcément, c’est prometteur, mais c’était sans compter sur le fédéralisme, à savoir que non, la capitale politique n’est pas forcément la capitale économique du pays. Voire même il y a plusieurs villes qui se battent pour la première place. Bref, loin du capital Hambourgeois et du luxe munichois, Berlin est une ville pauvre, sans travail, ou les salaires sont une misère si on en vient à les comparer avec leurs équivalent parisien. Chers amis, si vous gagnez 1200 euros net et que vous jouissez d’une sécurité maladie, soyez bénis! Avec un peu de chance, vous pourrez même avoir votre studio individuel. Car l’immobilier est le deuxième côté obscur de la force. Pour un 40 m2 parisien, vous aurez un 120m2 berlinois. Hourra! Tout dépend si vous avez gardé vos revenus d’avant. Car si vous gagniez 120 euros de l’heure à Paris, il y a de fortes de choses que vous ne soyez payé que… 40 euros à Berlin. Bon, bien entendu j’oublie des composantes économiques importantes dans mon raisonnement (prix nominaux, parité du pouvoir d’achat, etc), mais vous avez à peu près compris l’idée principale, et je m’en réjouis.

Une fois cette première désillusion passée, une fois que l’on a trouvé 20 m2 pour se loger, il y a à mon avis le syndrome du « je n’ai pas fait tout ça pour ça », et la pression du « Berlin c’est trop cool, il y a plein de choses à faire », accompagné du « malheureusement, les meilleurs plans ne sont connus que par le bouche à l’oreille, vous avez donc intérêt à vous faire rapidement des relations ».

Donc on reste parce que:

– On est fier d’avoir franchi l’étape 1 et d’avoir trouvé un boulot et un appartement à la hauteur de nos exigences une chambre qui nous convient

– On a quand même envie de comprendre pourquoi tout le monde pense que Berlin c’est méga chouette, alors que bon, soyons honnêtes, Paris est quand même bien plus jolie!

POUR: De grands espaces, des appartements magnifiques, une rénovation urbaine pleine de surprises, une vie au ralenti, des restaurants bons sans prétention qui vous évitent de faire la cuisine à la maison, des endroits pour sortir jusqu’au bout de la nuit. Des animations diverses et diversifiées, chacun proposant toujours de nouvelles idées. Avec quelques rencontres et un compte Facebook bien activé, il devrait vous être possible de découvrir des lieux et d’assister des évènements toujours plus extravagants. Et même après deux ans, même si je suis souvent blasée, je continue à être surprise par les endroits que je peux visiter. Et comme cerise, une profusion de cinémas d’art et d’essai… où la bière est autorisée.

CONTRE: Une architecture un peu irrégulière due à la construction de l’après guerre, ou de magnifiques immeubles art-déco côtoient des blocs de bétons morbides. Lorsque le temps tourne au gris et que la lumière disparait, mieux vaut se trouver au bon endroit, sinon c’est la déprime assurée! Des clubs soit-disant alternatifs accessibles à tous, peu guindés. Certes, on ne vous demandera pas de sortir votre plus belle robe et vos talons. Mais quand même. Les videurs ne sélectionnent plus à l’apparence mais plutôt à l’accent, et les allemands sont favorisés par rapport aux touristes qui viennent de débarquer. Accessible, certes, mais là encore les prix ont augmenté: comptez facilement 10 à 15 euros sans boisson… ça fait quand même cher par rapport au niveau général des prix à la consommation.

Berlin au fond est victime de son succès: le côté Bohème-sois-toi-même est devenu la mode à suivre. Une mode particulière, mais une mode quand même. La mini-jupe est ici portée sans talons, mais avec des baskets et des collants troués. Le bonnet se porte à l’intérieur, le casque (audio) à l’extérieur. La veste militaire est un basique qui se fait progressivement concurrencé par le caban en laine. Hier, je suis sortie avec mes bottes en cuir, mon sac Bérénice et mon petit manteau achetéil y a deux ans chez le Comptoirs de Cotonniers. Je me suis sentie véritablement déguisée en française. Et je pense que je suis capable de repérer toutes mes consoeurs.

Mais bon, finalement, tous les gens qui arrivent à Berlin avec plein d’entrain sont souvent les premiers à repartir par lassitude. On passe à Berlin, il y a toujours une période berlinoise. Mais bien souvent, on y reste pas. – Car bien souvent, on se sent seul à Berlin. Les rencontres sont difficiles, et les réseaux plutôt superficiels. On sort en bande, parce qu’on s’est tous retrouvés tous seuls ensemble au même moment, au même endroit. Mais il reste difficile à trouver de véritables amis, qui ne sont pas seulement partants pour une party, mais aussi pour un café.

Même si tu n’es pas chômeur, réalisateur, barman, prof, web designer, web développer, journaliste ou apprenti DJ, s’il te plait, ne soit pas impressionné. Tu es consultant, ingénieur, médecin, comptable, affirme toi! C’est tellement exotique dans le coin que, contrairement à ce que tu penses, tu seras bien plus sexy que tu peux le croire!

– Voilà. Peut être parce que Berlin est une ville riche en contrastes qui ne cesse d’évoluer, parce que tout va si vite au ralenti, aussi, tout change sans arrêt derrière la fugace apparence des habitants qui veulent prendre leur temps. Résultat, le fossé entre ce qu’on peut dire et la réalité ne cesse de s’agrandir. Résultat, résider à Berlin, c’est peut-être refuser de grandir, et donc hésiter avant de partir. Alors on filme la ville, on la photographie, on la dessine, on l’écrit dans des langues différentes, sous des angles différents. Apres deux années et 6 mois de blasitude, j’ai donc pensé qu’il était temps de rentrer dans le rang, d’écrire ce que tout sais déjà sans pouvoir imaginer ce qui à l’avenir se passera. Je ne dirai pas que j’aime la ville, je pense seulement que cette ville me réussi bien au delà de ce que j’ose m’avouer. Alors que je n’ai jamais vraiment cherché à m’y intégrer.

Bratkartoffeln (parce que j’en ai gros sur la patate)

5 Jan

Récapitulons un peu. Nous sommes aujourd’hui le 5 janvier 2015. Il fait froid, parce que c’est le mois de janvier, mais pas autant qu’on pourrait l’espérer, parce que c’est le réchauffement climatique.

C’est la crise économique en France, il y a 600 000 chômeurs en plus depuis le début du mandat de François Hollande. L’Allemagne va un peu mieux parait-il, même si d’ici quelques années elle devra trouver un moyen autre que des bébés apparemment pour payer les retraites de la population active actuelle. Mais passons et admirons plutôt mon nombril. Depuis que j’ai déménagé à Berlin pour une durée incertaine, créé ce blog pour une durée quasi nulle et cherché un travail pour une durée indéterminée, j’ai pu faire quelques statistiques:

– 27 mois de freelance

– 2 déménagements

– 80 candidatures envoyées en France (environ)

– 70 candidatures envoyées en Allemagne (environ)

– une vraie proposition de travail sous payée

– une vraie proposition de freelance bien payée

– trois propositions de travail en freelance sous payées

– une tentative de monter ma boîte et de créer un nouveau blog – en allemand cette fois-ci. Attention, ça ne rigole pas!

– un amoureux très patient qui corrige tous mes textes en allemand

– un visiteur par jour sur ce blog

– une tentative d’engagement en politique – qui n’est pour l’instant pas arrivée à maturité (affaire à suivre)

– une tentative d’écriture de théâtre – qui n’est pour l’instant pas arrivée à maturité (affaire à suivre)

– une tentative d’inscription de doctorat qui m’a fait comprendre que les années étudiantes sont déjà loin (trop de maturité?)

Ensuite, les autres: oui, ce que pensent les autres, je suis victime du quand dira-t-on, n’oubliez pas que j’habite à Berlin et que j’écris ma vie sur un blog. Seulement quand ça ne va pas.

Bref, les autres sont en général plutôt bienveillants, même si certains ont halluciné sur ce que je gagne par mois (comparé à mon niveau de diplôme et mon expérience professionnelle), même si certain m’ont fait clairement comprendre qu’être diplômé de sciences politiques à Berlin sans parler couramment 5 langues, c’était un peu désespéré en fait, même si certains veulent croire que par magie je vais trouver une super bonne opportunité (tada…… coup de téléphone miracle!), même si certains bien placés ont tenté de m’aider avant de se rendre compte qu’être diplômé de sciences polit…. bref

Les plus philosophes m’ont quand même fait remarqué que j’ai trouvé un amoureux dans une  ville de célibataires endurcies, que j’habite donc désormais dans un quartier overbranché à 5 minutes de la plupart de mes amis (je m’excuse pour les autres). Donc que oui, en clair, je m’en tirais plutôt pas mal. Et qu’un chouette amoureux, ça n’a pas de prix, bref c’est hors grille de rémunération possible. Là, je dois avouer que je suis d’accord.

Mais bon, me retrouver dans une position à mi temps de prof free lance/ femme au foyer/ blagueuse parce que sinon je m’ennuie j’adore, forcément, ça ne faisait pas partie de mes plans de carrière. Et en même temps, si plan de carrière il y avait eu, je serai sûrement fonctionnaire à l’heure actuelle dans le massif central (et pour la peine, j’irai faire du ski tous les week-end, un peu ce qu’un fait avec la Pologne d’à côté en fait)

Bref, il est temps de tenter les super pouvoirs du blog qui raconte ma vie. Non pas que je compte en tirer un livre, mais plutôt pour estimer les effets envisagés en terme de thérapie. Cela permet en plus de rajouter une ligne sur CV (moi, déesse de la communication digitale) tout en se donnant une certaine contenance, en attendant que quelques recruteurs soient prêts à parier sur votre potentiel-performance.

Pomme d’amour (2)

7 Sep

Pourquoi est on célibataire à 30 ans alors qu’on est une fille bien, belle et intelligente, qui a réussi dans la vie? Parce que du coup, on devient exigeante. Et que oui, tous les hommes sont des connards.

 

Alors tsstss, on se calme direct, on prend un petit thé vert et on lit ce post tranquillement. Les hommes ne sont pas tous des connards. Et parfois, on est peut être devenu trop exigeante, intellectuelle et indépendante pour leur donner tout simplement leur chance. Le tout, c’est de savoir à qui il faut vraiment la donner. Et cette petite liste va pouvoir vous aider.

La liste donc, s’appelle « pourquoi les hommes sont seuls à 30 ans ». Attention, il ne s’agit pas de critère psychologiques (quoique), ou physiques. Non, il s’agit tout simplement d’un observation sociologique qui fait sens, et qui peut même vous aider à trouver le prince charmant.

La liste, donc

Un homme est seul à 30 ans parce que:

1 – Il a cassé avec sa copine qu’il a rencontré au lycée/à l’université et avec laquelle il est resté pendant 8 ans. Fichtre. Depuis 6 mois, il s’est changé les idées. Et là, inconsciemment, il est prêt à retomber amoureux… et à s’engager.

2 – Il est vraiment bien célibataire. Mais vraiment. Pourquoi se concentrer sur une seule fille alors qu’il peut y en avoir pleins d’autres, tout aussi belles et chouettes, avec qui  partager la couette?

3 – Il a une copine. Il a juste oublié de nous le dire

4 – Il est gay. Mais sera toujours prêt à nous offrir ses bras pour nous consoler.

5 – Il est dépressif, psychopathe, en cavale.

6 – Il est beau, il est gentil, il est attentionné, c’est l’homme parfait. Oui, sauf qu’en fait, il est parti sauver le monde au Sri Lanka. Il repart demain d’ailleurs.

7- Il est timide. Il n’a pas confiance en lui. A priori, il n’avait pas beaucoup d’amis à l’école et n’a jamais très bien compris comment les filles, ça fonctionnait. Donc il n’a pas eu de copine depuis des années. Ou alors une virtuelle, sur WorldOfWarcraft, parce que c’est un geek invétéré. Donc forcément, il n’est pas sûr de savoir draguer. Et pour la peine, il se gardera bien d’essayer.

Bien! Voilà, désormais vous savez tout. En général il y a toujours une de ces raisons qui permet de justifier le fait qu’un garçon entre 30 et 35 ans est encore sur le marché . Alors maintenant, on choisit lequel?

Lequel choisir?

On prend sans problème la catégorie 1, car il s’agit de quelqu’un qui sait s’engager. On s’assure juste qu’il a totalement digéré sa rupture.

On laisse tomber la catégorie 2. Sauf si on a fortement envie d’un plan cul de folie. Mais gare à l’attachement, car le Monsieur est un connard assumé, et honnêtement, s’il vous annonce la couleur dès le début, il n’y a pas grand chose à espérer. Surtout si ses meilleurs potes ne sont pas encore maqués. Il se posera à 40 ans peut être, une fois qu’il aura fait le tour de la question. Mais 40 ans, c’est quand même dans longtemps.

On laisse tomber la catégorie 3. Car en général, le monsieur est quand même amoureux de sa copine. C’est d’ailleurs pour ça qu’il ne vous en a pas parlé. Au cas ou il serait malgré prêt à la délaisser, on le sait désormais capable de faire des infidélités.

On laisse tomber la catégorie 4. A moins de chercher un géniteur pour faire un bébé toute seule.

On laisse tomber la catégorie 5. On la fuit même: beaucoup trop de souffrances en perspectives. Car encore une fois, on a beau être extraordinaires, on ne change pas un mec à 30 ans. Si ce dernier est dépressif, il sera peut être flatté de notre présence à ses côté. De là à lui enlever ses idées noires??? C’est risqué.

On prend la catégorie 6, si on aime le Sri Lanka. Et que l’on se voit y habiter. Dès demain. Sinon, c’est une relation à distance qui nécessite beaucoup trop d’énergie à dépenser.

On prend la catégorie 7. Sans condition. On met notre homme en confiance, ce qui peut prendre du temps. Mais après, c’est normalement parti pour une succession de bonnes surprises. Car une fois passé sa timidité, on a de fortes chances de tomber sur quelqu’un de bien. Tout simplement.

Voilà, si vous avez des catégories à ajouter, ou de belles histoires à partager, n’hésitez pas. Les règles ne sont pas fixées dans le temps, et il y a de toute façon des milliards de possibilités de commencer une belle histoire, justement.